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Résumé des Contes du jour et de la nuit

Le Crime au père Boniface

Faisant sa tournée, le facteur Boniface jette un coup d’œil sur le journal de Paris. Il y lit, raconté avec un luxe de détails terrifiants, un crime qui s’est passé dans la capitale. Homme simple et impressionnable, Boniface prend peur et voit tout le crime défiler dans sa tête. Quand il arrive chez M. Chapatis pour lui livrer son journal, il entend des cris. Bouleversé, il court à la gendarmerie pour chercher de l’aide, persuadé qu’il est qu’un crime est en train d’être commis. Or, lorsque le gendarme écoute à la porte, il se rend compte que ce sont des « bruits intimes ». Et chacun se moque maintenant du « crime » au père Boniface.

Rose

Mme Margot et Mme Simone sont dans une voiture, la banquette remplie de fleurs. L’une d’elle dit qu’elle préfère ne pas être aimée, « plutôt que d’être aimée par un valet ». Puis s’engage une conversation sur l’amour que lui porta une femme de chambre, quatre ans plus tôt. Tout allait pour le mieux entre Mme Margot et son employée jusqu’au jour où un commissaire de police lui fit savoir qu’un dangereux criminel se cachait parmi son personnel de maison. Stupéfaite, elle énumère ses serviteurs, mais sans succès. Alors elle finit par désigner sa femme de chambre sans y croire. Le commissaire reconnaissant en elle l’individu recherché l’arrête immédiatement. Il déclare même sa véritable identité : Jean-Nicolas Lecapet, condamné à mort en 1879 pour assassinat, précédé de viol. Mme Margot n’en croit pas ses oreilles, elle ne ressent aucune haine, mais plutôt une humiliation de femme.

Le Père

François Tessier est un employé de ministère. Il prend tous les matins l’omnibus aux Batignolles pour se rendre au centre de Paris. Il rencontre une employée de magasin qui fait le même trajet et qui accepte d’aller déjeuner avec lui un samedi à Maisons-Laffitte. Dans l’émotion de ce premier rendez-vous, elle se donne à lui dans une clairière. Louise se sent coupable. François insiste et dit qu’il veut l’épouser. Elle revient et, pendant trois mois, ils sont amants. Mais il se lasse quand il apprend que Louise est enceinte et il déménage sans laisser d’adresse. Quelques années plus tard, François est toujours vieux garçon et encore employé de ministère. Il économise sou après sou pour sa retraite. Un dimanche, au parc Monceau, il a un choc : il voit Louise avec un petit garçon de dix ans et une petite fille. Le garçon doit être de lui. Il la surveille et apprend qu’elle s’est mariée avec un homme qui a reconnu l’enfant. Il tente de prendre contact avec elle, mais elle refuse. Il écrit à son mari, lui demande un entretien de dix minutes pendant lequel il n’émet qu’un seul souhait, embrasser une fois le garçon et disparaître.

L’Aveu

Céleste est une jeune fille qui avoue à sa mère, la Mère Malivoire, qu’elle attend un enfant et qu’elle l’a fait avec le cocher (Polyte) qui lui fait crédit pour l’emmener en ville en échange de ses faveurs. Sa mère la frappe et lui dit de ne pas lui avouer sa grossesse pour continuer de profiter de trajets gratuits.

La Parure

Mathilde Loisel est une Parisienne qui rêve d’une vie de richesses et d’élégance. Elle est l’épouse d’un petit employé du ministère de l’Instruction publique, qu’elle a épousé faute de mieux, mais qui en fait beaucoup pour elle. Un jour, celui-ci arrive avec une invitation pour une fête au Ministère, et pour ne pas laisser se montrer au travers de son rang, elle emprunte un collier à son amie, Jeanne Forestier, qui fait partie du beau monde qu’elle rêve de fréquenter. Rentrée chez elle, elle s’aperçoit qu’elle a perdu le collier. Elle n’ose rien dire à son amie, préférant donner le change en lui en achetant une autre, identique, mais valant 40 000 francs, endettant alors lourdement son ménage pour rembourser les crédits engagés. Ils déménagent, le mari fait de pénibles petits travaux après son travail, et elle est obligée de faire toutes les tâches ingrates réservées avant cela aux domestiques, pendant dix ans. Un jour, Mme Loisel croise Mme Forestier qui lui apprend que la parure était fausse.

Le Bonheur

Un soir, face à la Corse qui apparaît à l’horizon, en parlant de bonheur, un vieux monsieur raconte un singulier souvenir. Au cours d’un voyage dans cette île, il passa la nuit chez un vieux couple. La femme l’accueillit toute contente et l’homme se contenta de lui serrer la main puis d’aller se rasseoir sur sa chaise. La femme avait autrefois été riche. Elle révéla à l’étranger de passage son bonheur au côté de l’ancien sous-officier de hussards qui l’avait enlevée de chez ses parents. L’homme se tait : que peut-il ajouter au contentement de son simple bonheur ?

Le Vieux

Le couple de paysans est devant le grabat où est en train de mourir le vieux. Le curé vient de dire qu’il ne passera pas la nuit. L’homme se demande s’il doit veiller sur son beau-père ou aller aux champs. Sa femme lui conseille d’aller travailler, puisque l’enterrement aura lieu samedi. Puis, ils se ravisent : il y a meilleur temps d’aller prévenir tout le voisinage de la mort du vieux ; cela fera gagner du temps demain. L’homme part faire la tournée et la femme prépare à manger pour les visiteurs qui viendront samedi. Le lendemain, le vieux n’est pas mort, « il gargouille toujours. » C’est gênant, car il va falloir antidater la date de décès si on veut l’enterrer samedi. Heureusement, le maire et l’officier de santé sont d’accord pour signer les documents. Le samedi, le vieux n’est toujours pas mort, et les invités vont arriver pour l’enterrement : « C’est-i contrariant, tout d’même. » Les voisins sont déçus, mais cela ne leur coupe pas l’appétit. Les douillons de Mme Chicot partent tous, ainsi que le cidre. Enfin, la bonne nouvelle arrive, le vieux a passé, mais on ne pourra l’enterrer que lundi. Il va falloir recuire des douillons.

Un lâche

Le Vicomte Gontran-Joseph de Signoles est un homme heureux : il possède une fortune convenable, est reçu dans le monde, continue d’être recherché par les valseuses et, pour se distraire, il pratique l’épée et le tir au pistolet. Ayant invité après le théâtre deux couples d’amis à manger une glace chez Tortoni, une des dames du groupe est gênée par un homme qui la regarde avec insistance. Signoles se lève et intime l’ordre à l’individu de cesser cette insistance ; l’autre répond « Vous allez me ficher la paix, vous ». Signoles réplique : « Prenez garde, monsieur, vous allez me forcer à passer la mesure ». L’inconnu sort une injure qui fait sursauter tous les gens présents. Signoles le gifle. Les cartes de visites sont échangées. De retour chez lui, Signoles est agité. Il ne sait que faire. Pourquoi ce Georges Lamil s’est-il conduit de cette façon ? Que choisir ? L’épée où l’on risque moins de mourir, ou le pistolet avec lequel les duels ont l’habitude de ne pas aller jusqu’au bout ? Il ne dort pas. Il pose ses conditions à ses témoins : il veut le pistolet, « vingt pas, au commandement, en levant l’arme au lieu de l’abaisser. Échange de balles jusqu’à blessure grave. » Puis il retourne chez lui et, pour se calmer, boit un carafon de rhum. Ses témoins qui sont allés voir l’adversaire reviennent le prévenir que ce dernier accepte les conditions qu’il a fixées. Signolles, seul chez lui, est pris d’une peur panique : pourquoi ce Lamil, qui n’est pas connu comme tireur, a-t-il accepté ses conditions ? Comment lui, Signolles, va-t-il se conduire demain ? Il essaie un pistolet. Il tremble. Il est impossible qu’on le voie trembler demain matin : il prend son pistolet, l’enfonce au fond de sa gorge et se suicide.

L’Ivrogne

Un soir de tempête, à Yport, Mathurin entraîne son camarade Jérémie chez Paumelle pour passer le temps aux dominos. La soirée se prolonge pour les deux pêcheurs, accompagnée de nombreux petits verres. Jérémie rentre chez lui et découvre que sa femme l’a trompé. Perdant le contrôle à cause de l’alcool, il la bat à mort avec une chaise, puis s’endort à côté du lit. Le lendemain, on le retrouve sur le plancher avec un débris de la chaise dans la main ainsi qu’un cadavre dans le lit.

Une vendetta

À Bonifacio, une mère perd son fils unique, Antoine, tué d’un coup de couteau dans le ventre, à la suite d’une dispute. Le meurtrier s’enfuit en Sardaigne, de l’autre côté du détroit dans un village sarde « où se réfugient les bandits corses traqués de trop près. Ils peuplent presque seuls ce hameau en face des côtes de leur patrie en attendant là le moment de revenir et de retourner au maquis ». La mère devant le cadavre de son enfant lui promet la vendetta en déclarant : « Va, va, mon garçon, mon pauvre enfant ; dors, dors, tu seras vengé entends-tu ? C’est la mère qui le promet ». Enfermée chez elle avec pour seule compagnie sa chienne, elle cherche le moyen, malgré son grand âge et son infirmité, de venger son fils. Ayant affamé sa chienne, elle construit un mannequin qu’elle recouvre de boudin noir. Pendant trois mois, elle force régulièrement la chienne à jeûner avant de lui donner l’autorisation d’attaquer le mannequin et de le dévorer. En récompense, l’animal reçoit un morceau de boudin grillé. Une fois l’animal totalement conditionné, la vieille part en Sardaigne, identifie le meurtrier, puis lâche sa chienne sur le coupable. Elle rentre ensuite le soir chez elle, en Corse, et « elle dormit bien ».